Homme de valeur, pétri de grandes qualités humaines et d'une abnégation sans pareille dans son travail, Aït Messoudène a laissé l'image d'un responsable discret qui
exècre de se mettre devant les feux de la rompe. Il fait partie d'une race d'hommes qui manque cruellement en cette époque où, l'exercice politique est assimilé à l'image transmise par les
écrans mobilisés pour soigner des profils usés par le temps et le devoir mal fait. En ces temps de grande cacophonie où d'anciens hauts responsables, se permettent de laver leurs linges sales,
sans se soucier des répercussions occasionnées auprès du citoyen ébahi devant tant de déballage, le sens élevé de la responsabilité d'Aït Méssaoudène manque certainement à cette Algérie qui
découvre, médusée, tant de haine ayant rongé l'ancien personnel de l'Etat Nation naissant.
Dans les oraisons funèbres déclamées à l'occasion de son enterrement dans le carré des martyrs du cimetière d'El Alia, on a oublié de dire que le défunt est sorti major de promotion de l'Ecole
de l'air Salon Provence et en 1955, et qu'il était déjà pilote de chasse avant de déserter son poste trois années plus tard pour rejoindre la Révolution algérienne dans laquelle il a été chargé
par l'ALN de la formation des pilotes algériens en Chine, en URSS et en Irak.
En effet, le défunt avait pris un énorme risque pour répondre à l'appel de la nation. Il avait fui la France à bord d'un avion militaire français, et il avait atterri en ex- Yougoslavie causant
ainsi une grave crise entre la France et le pays hôte.
Il fit partie des quatre premiers aviateurs avec Mahieddine Lakhdari, Abderrahmane Serri et Tahrat Abdelkader, lesquels ont été formés pendant la Révolution avant de rejoindre les rangs de
l'ALN.
Saïd Aït Méssaoudène, a toute sa vie fait preuve de retenue et de discrétion, une qualité propre aux gens que le massif du Djurdjura avait bercé, dans l'adversité des conditions de la
colonisation et les valeurs véhiculés par des résistances successives, à un système qui a plongé les populations des décherates dans des conditions de subsistance les plus inhumaines.
D'ailleurs, le défunt qui est originaire des Aït Ouacifs, au cœur du Djurdjura, n'a pas dérogé à la règle observée par ses compatriotes à l'époque qui quittaient leur Kabylie natale pour aller
chercher les moyens de leur survie ailleurs. C'est ainsi, que Saïd Aït Messaoudène a grandi à Aïn Oussara.
Après l'indépendance, le défunt a eu à assumer plusieurs fonctions. Il fut l'un des premiers pilotes algériens qui ont participé à la création de la compagnie aérienne Air Algérie,
dont il deviendra le directeur général.
Après l'Indépendance, Saïd Aït Messaoudène s'est vu confier la mission de premier commandant des Forces aériennes jusqu'en 1967 et fut nommé ensuite conseiller à la Présidence par Houari
Boumediene. Il occupera ensuite plusieurs postes de responsabilité, puisqu'il fut nommé directeur général d'Air Algérie puis ministre des PTT et de la Santé , sous le gouvernement de Houari
Boumediene, et enfin des Industries légères, sous le gouvernement de Chadli. Il occupe ensuite un poste strictement politique, lorsqu'il a été élu député d'Alger pour être désigné
vice-président de l'APN jusqu'en 1991.
Le défunt a quitté la scène politique sans faire de vagues. «C'est une véritable école de probité, de droiture, d'abnégation et de discrétion», a témoigné un des ses proches lors de la veillée
funèbre.
Source : http://www.eldjazaircom.dz/index.php?id_rubrique=227&id_article=1062
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