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Publié le par Alliance ANR - UDR

 

 

Allocution sur les questions de la paix et de la sécurité en Afrique

 Allocution

 

(Addis-Abeba, Ethiopie, lundi 1 février 2010)

 

 

 

Monsieur le Président,

Madame et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Nous enregistrons avec satisfaction le règlement de certaines situations de conflit. Par contre, nous déplorons la persistance de l'insécurité et de l'instabilité à travers quelques régions de notre continent. Les avancées positives ont été enregistrées en Côte d'Ivoire, en République Démocratique du Congo, en République Centrafricaine, au Burundi, aux Comores, au Sierra Leone et au Liberia. Dans chacun de ces cas, les progrès tangibles obtenus sont encourageants même s'ils peuvent paraître parfois fragiles.

 

Une attention particulière devrait être accordée à ces pays, en transition, afin de prévenir toute résurgence des conflits. Il est important de les accompagner et de les soutenir dans la mise en œuvre de leurs plans de reconstruction et de développement post conflit pour consolider la paix retrouvée.

 

L'esprit de compromis qui a prévalu dans la gestion des situations de crise au Kenya et au Zimbabwe a favorisé leur dénouement. Il en est de même en Mauritanie où l'engagement de toutes les parties a permis un retour à l'ordre constitutionnel. En Guinée-Bissau enfin, l'élection présidentielle a mis fin à la crise née des malheureux événements du 2 mars de l'année passée, sur lesquels les éclairages nécessaires sont en train d'être apportés.

 

Je relève avec satisfaction que cette logique de paix s'est étendue au Soudan et au Tchad qui ont engagé un processus d'apaisement, que nous souhaitons irréversible, répondant ainsi à l'appel de l'Afrique pour transcender leurs difficultés et leurs incompréhensions.

 

Parmi les conflits qui agitent encore certaines régions du continent, je relève le cas de la Somalie où la situation n'a guère connu d'amélioration significative, en dépit de l'accord de Djibouti, que notre organisation a parrainé, et de l'élection du Président Sheikh Sharif Sheikh Ahmed et du Parlement élargi, qui avaient suscité un immense espoir. Le pays est toujours en proie aux violences. Nous regrettons que la décision de déploiement d'une mission de maintien de la paix des Nations-Unies, contenue dans la résolution 1863, du 16 janvier 2009, du Conseil de Sécurité, ait été très vite contrariée.

 

La crise somalienne ne se réduit pas à une simple question de piraterie maritime, qui est une conséquence de l'absence d'autorité nationale dans ce pays. Bien entendu, ces actes terroristes doivent être condamnés et combattus avec la plus grande rigueur par la communauté internationale. Dans ce contexte, nous nous félicitons de l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations-Unies de la résolution 1904 qui criminalise le versement des rançons aux groupes terroristes.

 

Il nous paraît urgent, de parachever le déploiement des bataillons restants de l'AMISOM, et de mobiliser le reste des promesses de contributions de la Conférence de Bruxelles. Ce qui permettra de renforcer les capacités des institutions somaliennes, de consolider la stratégie globale de sortie de crise et de restaurer l'Etat somalien dans sa plénitude. J'aimerais saluer, ici, les efforts déployés ainsi que les sacrifices consentis par le Burundi et l'Ouganda, pour réaliser cet objectif.

 

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

La situation au Soudan continue de nous interpeller. Il nous importe en tant qu'Union africaine d'aider nos frères soudanais à franchir cette phase sensible de leur histoire contemporaine et, ce faisant, de démontrer que l'Afrique est à même de promouvoir des solutions responsables et efficientes aux problèmes auxquels le continent est confronté. C'est dans cette démarche responsable qu'il faut situer l'appel, malheureusement non entendu, adressé au Conseil de sécurité de l'ONU pour la suspension du mandat d'arrêt émis par la Cour Pénale Internationale contre le Président El-Bachir. Et c'est là, aussi, qu'il faut situer notre engagement pour la lutte contre l'impunité, consacré dans l'Acte constitutif de l'Union africaine.

 

De ce point de vue, le rapport du groupe de haut niveau de l'Union africaine sur le Darfour, que nous avons soutenu à Abuja, ainsi que les recommandations qu'il contient constituent, de notre point de vue, un cadre cohérent et crédible pour un règlement global de cette crise, y compris de la question sensible de la violation des droits de l'Homme.

 

En cette période qui coïncide avec les phases finales de la mise en œuvre de l'Accord global de paix de 2005, l'évolution de la situation au sud-Soudan doit être suivie avec toute l'attention requise. Dans ce cadre, tous les appuis nécessaires devraient être apportés au Gouvernement soudanais pour la réussite des élections générales, prévues dans quelques mois, et du référendum, en janvier prochain.

 

Notre contribution individuelle et collective devrait permettre de renforcer la confiance entre tous les habitants du Soudan et à les aider à édifier un Soudan rénové et unitaire. A l'approche de cette échéance qui décidera du sort du sud-Soudan, les parties soudanaises et la communauté internationale, notamment l'Union africaine, ne devraient ménager aucun effort pour promouvoir l'option de l'Unité du Soudan telle que consacrée par l'Accord global de paix.

 

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

En dépit du chemin parcouru par notre continent depuis la Déclaration d'Alger, de juillet 1999, condamnant les changements anticonstitutionnels de Gouvernements, ce phénomène est revenu sur les devants de l'actualité au cours de ces deux dernières années. La situation préoccupante de la crise en Guinée est symptomatique d'une telle évolution aussi dangereuse que préjudiciable à notre continent.

 

Notre position à l'égard de telles dérives doit demeurer ferme et sans concession, d'autant plus que les textes de l'Union africaine permettent de prendre en charge efficacement la gestion des crises générées par le recours à des pratiques contraires à l'ordre constitutionnel.

 

Les efforts déployés par le Président Blaise Compaoré pour rapprocher les points de vue des acteurs et hâter une sortie de crise qui préserve les intérêts supérieurs de la Guinée, méritent toute notre considération et notre reconnaissance. Nous nous félicitons de l'agenda qui vient d'être adopté et qui, nous l'espérons, permettra à la Guinée de renouer avec l'ordre constitutionnel, en organisant des élections présidentielles libres et crédibles.

 

Je ne voudrais pas conclure sans me féliciter, de nouveau, des engagements que nous avons pris à Tripoli, au cours de notre session spéciale sur les conflits en Afrique et réitérer notre volonté de continuer à apporter notre contribution à l'effort collectif en vue d'un règlement de ces situations. En déclarant l'année 2010, "année de la paix", nous nous sommes donnés une motivation supplémentaire et un catalyseur pour réaliser des avancées substantielles dans ce domaine.

 

Je vous remercie.

 

 

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