Les Chroniques du Temps Point Net

Publié le par Alliance ANR - UDR

19-06-2010 Point Net

26-05-2010 16-00-58

Green Point, l’enfer du décor

Mais, il est fou, ce garçon. Ce n’est pas la qualité première de Rafik Halliche, mais de la folie, il en fallait sûrement en cette soirée de Cap Town. L’enfant d’Hussein Dey en a fait pourtant une, lui qui a construit sa réputation dans la fougue des jaillissements destructeurs et des opérations de déminage à risque zéro.

Il l’a fait dans un amorti de la poitrine sur un ballon qui mettait le feu dans sa zone et dans la poitrine de milliers d’Algériens pas tout à fait revenus d’un premier revers immérité.

Alors quand Rafik a fermé le thorax, sans le bomber, pour que le jabulani vienne s’y nicher, il venait peut-être d’accomplir le geste symbolique du rêve reconquis. La relance qui en a suivi,  dans une passe inouïe d’élégance et de précision qui ouvrait tout de suite une perspective offensive, a fini d’asseoir un regain de confiance indispensable, mais problématique.

Le regard médusé du mythique Lampard glacé par tant de culot en disait déjà long, avant que le ténébreux Terry, sur le prolongement de l’action, ne convoque les moyens les moins vertueux pour arrêter Karim Matmour, pas loin de faire goûter au pire la Perfide Albion. Sur l’herbe semi-naturelle de Green Point Stadium, une constellation venait de choisir ses étoiles, repoussant chaque minute un peu plus les stars surdouées vers un rôle peu glorieux de seconds couteaux.

Quand Yebda rayonnait en trouvant qui il voulait dans son trou de souris, Gerrard se perd dans de laborieuses passes latérales. Quand Boudebouz, le petit poucet venu de nulle part, caressait le cuir avec une finesse à couper le souffle, le monstre Rooney perdait le sien dans de lamentables velléités. Et quand Belhadj accélérait dans son couloir, Johnson actionnait pitoyablement les sonnettes du renfort.

Pendant que les Algériens construisaient tout dans l’esthétique des grands orfèvres, les Anglais s’enfiévraient à faire parvenir dans la zone de vérité des ballons trop approximatifs pour entamer la sérénité d’une arrière-garde aux relents d’assurance tous risques.

Et quand Riadh Boudebouz avait happé ce ballon sur une remise paniquée de Callagher à son gardien, les vuvuzelas avaient découvert leur version insonore.

Il ne manquait que la bénédiction des dieux de Green Point pour ouvrir les portes du paradis à une équipe qui ne l’aurait pas volé. L’enfer, les Anglais en ont eu un avant-goût tout au long des 93 minutes du match. Ils en sont même revenus.

laouarisliman@gmail.com

 

Source : http://www.letempsdz.com/content/view/40007/105/

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