Discours d'investiture du Président Abdelaziz Bouteflika

Publié le par Alliance ANR - UDR

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l'occasion de la cérémonie de son investiture, le 19 avril 2009.


Algériennes, Algériens,

Mes chers compatriotes,

Vous m'avez renouvelé votre confiance pour continuer et parachever l'oeuvre entamée avec votre approbation et votre soutien. Tout en exprimant ma fierté pour votre choix qui s'est porté sur moi, je n'en mesure pas moins le poids de la responsabilité qu'il implique car il s'agit de répondre à vos aspirations et à vos attentes, et d'engager le pays sur le chemin d'un pays fort, serein et prospère dont nous rêvons tous. Cette responsabilité est d'autant plus lourde que nous vivons dans un monde en crise, menacé de toutes parts aussi bien par les modifications climatiques que par les pénuries prévisibles des ressources alimentaires, mais aussi par la profonde crise financière qui affecte l'économie mondiale, mais qui nous touche également au même titre qu'elle touche l'ensemble des pays du Tiers-Monde.

Je tiens à adresser mes remerciements à toutes celles et à tous ceux qui m'ont témoigné leur confiance. Mais je veux assurer toutes les Algériennes et tous les Algériens de ma détermination à continuer d'agir dans la seule perspective des intérêts supérieurs de la nation et dans ce cadre, de ma disponibilité à associer à la gestion publique toutes les forces vives de la nation. Dans cette phase, l'Algérie aura besoin de toutes les compétences qu'elle recèle, de tous les dévouements et de toutes les énergies laborieuses dont elle est capable.

Réaliser le rassemblement de ces ressources, mettre en place les conditions d'expression de toutes leurs potentialités, ce sont là les exigences cardinales de notre politique nationale. Pour y répondre, je suis déterminé d'abord, comme je m'y suis engagé à poursuivre et à approfondir la démarche de réconciliation nationale. Une démarche que le peuple algérien a massivement soutenue, qui a permis le retour à la paix civile et qui devra, dans l'avenir, contribuer essentiellement à raffermir la cohésion sociale et à garantir la pérennité de l'unité nationale.

Après avoir enrayé, au cours des années écoulées, le mouvement de régression économique et sociale qui l'avait durement éprouvé pendant près de deux décennies, notre pays a pu reprendre résolument le chemin de son développement. Si, dans le cours du redressement effectué, des progrès considérables ont été accomplis dans le domaine social, je reste pleinement conscient des difficultés que continuent de vivre des franges importantes de notre population, conscient de leur aspirations légitimes.

C'est pourquoi la haute priorité qui a prévalu en ce qui concerne l'amélioration des conditions de vie des citoyens sera maintenue. Parallèlement à l'expression de la solidarité nationale à l'égard des catégories vulnérables, le logement, l'accès à l'eau, aux réseaux d'assainissement, à l'énergie, aux infrastructures sanitaires, notamment, continueront de faire l'objet de programmes d'investissements conséquents.

L'accélération de la modernisation des services publics, la rationalisation de leur organisation, l'optimisation de leur gestion sont des objectifs à la réalisation desquels je veillerai tout particulièrement. Notre peuple est en droit d'attendre que les immenses efforts qu'il a consentis pour la mise en place d'infrastructure de toute nature et des moyens de leur fonctionnement soient pleinement fructifiés. Elever le niveau de rigueur dans la gestion et son suivi, développer l'initiative et la vision prospective sont les conditions des progrès attendus. Pour les favoriser, la réforme des structures et des missions de l'Etat sera accélérée avec pour objectif, en particulier, une nouvelle répartition des pouvoirs publics fondée sur une décentralisation plus poussée. Une décentralisation qui devra être effective en mettant strictement en cohérence les missions assignées et les moyens dévolus. Mais une décentralisation qui devra aussi prévenir les risques de dérives. Dans ce but, elle aura à s'accompagner d'instruments de contrôle efficients en veillant à ce qu'ils ne constituent pas des freins à l'initiative.

Cette décentralisation devra s'accompagner d'une implication civique large et responsable, donnant toute sa portée au contrôle populaire. L'Etat, pour ce qui le concerne, renforcera, à travers notamment les programmes éducatifs mis en oeuvre, son action en vue de promouvoir et de développer la conscience citoyenne et la culture civique parmi la jeunesse.

Mesdames et Messieurs,

En dépit de la grave crise économique qui sévit à travers le monde, la mise à exécution de nos programmes de développement social a été rendue possible grâce aux orientations de notre politique financière. Ces orientations ont permis, en particulier, notre désendettement extérieur et la constitution de réserves destinées à faire face aux aléas des marchés pétroliers. Pour autant, nous ne saurions nous dispenser d'une vigilance soutenue quant aux évolutions de l'économie mondiale. Nous ne saurions pas davantage oublier que se rapproche inexorablement, pour notre pays, la fin de l'ère du pétrole.

Pour faire face à cette perspective, nous nous sommes attachés à adapter le cadre de fonctionnement de l'économie aux nouvelles réalités, à étendre et à moderniser nos infrastructures économiques, à assainir nos institutions financières et à engager le processus de leur modernisation, à redéfinir le périmètre du secteur public économique et à rationaliser son organisation. Les conditions sont désormais propices pour enclencher un vaste mouvement de diversification et de densification de notre tissu économique. L'Etat s'emploiera pleinement à le stimuler et le soutenir.

Il le fera en relançant l'investissement dans les segments du secteur public rendus à la viabilité et à la performance, en oeuvrant à éliminer les blocages résiduels qui peuvent freiner l'initiative privée, en encourageant fiscalement les activités à forte valeur ajoutée et celle faisant appel à l'innovation, en réorientant plus fortement nos banques vers le financement des activités de production et des services à contenu technologique, en poursuivant l'ouverture à l'investissement étranger pour autant qu'il contribue effectivement à la production et à la richesse nationale ainsi qu'au développement technologique du pays.

Cette dimension technologique est la base de la compétitivité internationale, une exigence qui, à mesure que se rapproche l'échéance de l'après-pétrole, devient

plus pressante et plus absolue. Préparer les jeunes générations à y faire face a été une préoccupation constante de la politique mise en oeuvre depuis une décennie. C'est dans cette perspective, notamment, qu'a été initiée la vaste réforme du système éducatif dont la poursuite restera une priorité de la vie nationale. Il s'agit d'une entreprise de longue portée.

Dans le domaine de l'enseignement supérieur, plus particulièrement, nos efforts seront poursuivis pour faire face aux immenses besoins qu'implique la progression soutenue de la population estudiantine. Parallèlement, les moyens pédagogiques continueront d'être développés. En prolongement de ces actions, les efforts destinés à réunir les conditions d'un véritable essor de la recherche seront intensifiés. La mise en place effective des moyens statutaires et matériels adéquats sera accélérée, cependant que des actions seront développées pour décloisonner la recherche universitaire et l'ouvrir sur l'entreprise et les institutions sociales.

Le souci permanent de l'insertion sociale des jeunes s'est traduit au cours de la décennie écoulée, par le triplement des effectifs de la formation professionnelle. L'action publique sera poursuivie dans ce domaine avec, pour axes, une nouvelle extension des capacités, une diversification plus poussée des formations et une flexibilité accrue des cursus permettant de répondre plus étroitement aux besoins de l'économie.

L'insertion sociale, c'est, d'abord, l'emploi, dont la situation, après une longue période de régression et de crise était dramatique à la fin des années 90, avec un chômage affectant plus d'un tiers de la population active, dont plus des deux tiers des jeunes en situation de travailler. Les actions de développement engagées, conjuguées aux dispositifs spécifiques destinés aux jeunes, ont pu très nettement améliorer la situation et concourir incidemment au rétablissement de la paix civile. Il n'en reste pas moins que trop de jeunes ne trouvent pas encore d'emplois, ce qui contribue à alimenter chez beaucoup un sentiment de découragement et de mal-être et parfois, chez certains, le désespoir et les tentations néfastes.

C'est en pleine conscience de cette situation et de ces détresses particulières que j'ai fixé, comme objectif central, la création de trois millions d'emplois dans les cinq prochaines années. Je veillerai avec constance à ce que tous les moyens de l'action publique soient pleinement tendus vers la réalisation de cet objectif qui permettra l'insertion professionnelle de la très grande majorité de nos jeunes et le dégagement de perspectives concrètes pour tous.

Au-delà de l'emploi, les autres besoins de la jeunesse devront être pris en compte de manière plus soutenue par les pouvoirs publics. En particulier, les programmes d'investissement ainsi que l'allocation des moyens de fonctionnement seront davantage orientés vers la multiplication des espaces de détente et de loisir, permettant une extension de la pratique sportive, de même que la diversification des activités proposées aux jeunes et la multiplication des manifestations à caractère culturel.

L'aide aux associations de la société civile qui agissent dans ce domaine sera élargie, mais mieux ciblée et suivie pour garantir que leur contribution sera effective et strictement en adéquation avec les objectifs poursuivis. L'association des jeunes à la définition et la mise en oeuvre de ces actions sera encouragée et devra être recherchée plus systématiquement à travers le développement, au niveau local plus particulièrement, de canaux d'écoute et de cadres de participation appropriés.

Mesdames et Messieurs,

Il est important de poursuivre et d'intensifier la lutte contre les pratiques du favoritisme et les passe-droit, sources de frustration et de découragement, et contre la corruption dont les effets contribuent à saper gravement le sens et le goût de l'effort. L'action de modernisation de l'administration publique devra permettre une efficacité accrue de la fonction de contrôle à tous les échelons. La facilitation des recours des usagers, comme leur suivi systématique et mieux organisé, devront concourir à cette plus grande efficience dans la lutte contre les déviations.

Les organes de presse ont un rôle important à jouer dans cette lutte. La liberté de la presse, qui participe essentiellement de notre projet démocratique, sera pleinement respectée, l'Etat restant déterminé à agir pour faciliter davantage encore, et à tous égards, l'exercice et le développement de la profession.

A un autre niveau, les instances judiciaires devront jouer pleinement la mission qui leur est dévolue. La réforme qui a été mise en oeuvre a permis de mettre en place, les conditions d'une justice plus professionnelle, plus impartiale, et plus indépendante dans ses jugements, une justice plus rapide aussi dans son fonctionnement. Ces moyens se traduiront, tout naturellement, dans l'avenir, par un niveau d'exigence accru et une sévérité redoublée à l'égard des insuffisances et de tout manquement individuel à l'éthique qui doit animer les magistrats.

De son côté, la culture, dans toutes ses dimensions, a une fonction capitale à jouer pour favoriser l'évolution de notre société. Elle le fera, notamment, en contribuant davantage à valoriser le patrimoine culturel dans lequel plongent nos racines. Elle le fera aussi en concourant à la préservation de notre identité propre, agressée par le mouvement de mondialisation et le développement universel des nouvelles technologies de l'information. Elle le fera enfin en favorisant une ouverture sur le monde qui ne soit pas un reniement de soi-même, en rayonnant dans le monde et en contribuant à soutenir la fierté d'être algérien.

L'aide à la diffusion des productions intellectuelles et artistiques sera intensifiée. La production quant à elle sera stimulée par un soutien accru aux créateurs et aux artistes et par la pleine ouverture des espaces publics au débat libre et à la libre expression.

Mesdames et Messieurs,

Après de longues années durant lesquelles il a été en butte à l'ostracisme international, notre pays a retrouvé toute sa place dans le concert des nations et en même temps le respect que lui avait valu sa lutte de libération héroïque, autant que son soutien constant et intransigeant aux causes justes dans le monde. Fidèle à cet héritage, l'Algérie continuera, sur la scène internationale, à agir pour la promotion d'un monde plus juste et plus solidaire. Elle continuera de militer pour la démocratisation des institutions internationales. Elle continuera de s'associer à la revendication de relations économiques plus équilibrées, qui favorisent réellement et pleinement le progrès économique, social et technologique dans les pays en développement.

Je n'ai pas besoin de réaffirmer nos positions dans le monde arabe, en Afrique et dans le Tiers-Monde et notre appui à toutes les causes justes et notamment à celles des peuples en lutte pour leur libération comme le peuple sahraoui et le peuple palestinien.

Mesdames et Messieurs,

Les défis que nous devons relever sont immenses, mais le peuple algérien a prouvé que lorsqu'il est uni mobilisé, il est capable de tous les prodiges.

Je vous remercie".

 

Abdelaziz Bouteflika 

 

Source : http://www.bouteflika2009.com/fr/content/view/410/86/

 

Publié dans présidentielles 2009

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