commémoration du 24 février - Arzew

Publié le par Alliance ANR - UDR

Discours du Président de la République à l'occasion  de la commémoration du 24 février 2009 Arzew
Monsieur le Secrétaire Général de l’Union Générale des Travailleurs Algériens,

Messieurs les responsables des organisations nationales du patronat,

Chers frères, chères sœurs, travailleurs,

Mesdames, Messieurs,

C’est avec plaisir que je m’associe à la commémoration de la Journée du 24 Février, symbole marquant dans la mobilisation de notre peuple pour le recouvrement de l’indépendance, et repère historique dans le processus de construction de l’Algérie souveraine.

En effet, le monde du travail a été l’un des creusets du mouvement national, y compris dans les rangs de l’émigration. Ce fut, donc, en couronnement de cette tradition que nos travailleurs se sont organisés le 24 Février 1956, au sein de l’Union Générale des Travailleurs Algériens, qui a canalisé leur participation à la glorieuse Révolution de Novembre, sous l’égide du Front de Libération Nationale.

Par leurs cotisations, les travailleurs ont contribué à l’autonomie de décision de la Révolution de Novembre. Ils ont aussi compté des milliers de martyrs tombés pour la liberté, les armes à la main ou sous la torture, à l’image du Chahid Aissat Idir.
 
Nourris à cette école du patriotisme, les travailleurs se sont, auss,i pleinement engagés dans le processus national d’édification de l’Algérie indépendante. Il se sont en outre mobilisés pour la sauvegarde de la République, durant la tragédie nationale, sous la conduite du Chahid Abdelhak Benhamouda.

 En cette occasion commémorative, je m’incline à la mémoire des chouhada de la Glorieuse Révolution de Novembre et des martyrs du devoir national.

 Ici, je voudrais réitérer la solidarité de la nation envers les familles des victimes du terrorisme. Je rends également hommage aux valeureux Moudjahidine qui ont donné l’exemple à tous les patriotes, dans la résistance pour la sauvegarde de la patrie. Je tiens, aussi, à dire à ceux qui ont consacré des années de leur vie à la défense de la République que l’Algérie ne les a pas oubliés. Des mesures seront prises pour faciliter leur réinsertion socioéconomique. Des mesures seront prises aussi pour améliorer la situation de ceux qui, volontaires, sont engagés sur le terrain dans la lutte contre le terrorisme.

Je rends, également, un hommage appuyé à l’Union Générale des Travailleurs Algériens pour la mobilisation constante de ses adhérents au service de la patrie. Cela lui a valu et lui vaudra toujours notre reconnaissance et notre considération.

Mesdames, Messieurs,

Célébrer le 24 Février, ici même à Arzew, fleuron de l’industrie nationale, est assurément, un choix délibéré pour commémorer également le 24 Février 1971, date du recouvrement par l’Algérie de sa souveraineté sur ses hydrocarbures.

Cette décision légitime était un pas supplémentaire accompli sur la voie de l’indépendance nationale, ainsi que le témoignage d’une volonté de mobiliser toutes nos potentialités pour un développement économique et social puissant, à la mesure des potentialités de notre pays.

Cette ambition s’est concrétisée sur le terrain des années durant, et les travailleurs peuvent légitimement ressentir cette fierté d’avoir été les bâtisseurs de ces réalisations. Malheureusement, cette marche a connu par la suite des lacunes et même des arrêts, qui ont abouti à une crise économique asphyxiante.

La décennie écoulée a vu l’endettement extérieur atteindre des seuils insupportables, avec un coût annuel de plus de 9 milliards de dollars en 1993, conduisant à son rééchelonnement, en contrepartie d’un programme d’ajustement structurel douloureux, venu aggraver les conséquences de l’insécurité qui prévalait. La nation en a payé le prix fort en terme de régression de ses conditions de vie. Les travailleurs y ont consenti des sacrifices très lourds, dont la perte de plus de 400.000 emplois et la diminution de leur pouvoir d’achat, face à une forte inflation qui a culminé à 30 % en 1995..

 Grâce à Dieu et grâce à la lucidité exemplaire de notre peuple, cette douloureuse étape est, désormais, derrière nous. La Concorde civile, suivie de la Réconciliation nationale ont très largement conforté la sécurité dans notre pays, redevenu une destination de plus en plus attractive pour ses amis et pour ses partenaires. Les Algériens se sont remis à bâtir et à rattraper les retards accumulés.

Chers frères, chères sœurs,

J’ai eu l’occasion, il y a quelques jours seulement, de rappeler à la nation l’effort exceptionnel de reconstruction qui a marqué ces dix dernières années, grâce aux moyens colossaux mobilisés par l’Etat à travers des programmes successifs, dont le montant total, déjà déboursé, aura été de près de 160 milliards de dollars par le seul fait du budget public.

De même, j’ai évoqué les milliers d’écoles, de collèges et de lycées réalisés, les centaines de milliers de places universitaires inaugurées, les progrès enregistrés dans les infrastructures de la santé publique, ainsi que l’accès de la population à l’eau potable, à l’électricité ou au gaz naturel. J’ai aussi rappelé la réception en dix années, de plus d’un million et demi de logements, la réalisation de dizaines de milliers de kilomètres de routes nouvelles, ainsi que le lancement de dizaines de chantiers ferroviaires.

Cette dynamique s’est accompagnée d’un important recul du chômage, passé de près de 30 % en 1999 à près de 11 % en 2007, grâce à la création sur la décennie, de près de 3 millions et demi d’emplois dans les secteurs administratifs et productifs, et de près de 2 millions et demi d’équivalents emplois grâce aux différents dispositifs d’emplois d’attente.

Pour sa part, la croissance hors hydrocarbures a été en moyenne de 5 % durant toute la décennie, avec même des pointes supérieures à 6 % durant ces deux dernières années, alors que l’inflation a été maîtrisée durant toute cette période. Le produit intérieur brut du pays est, quant à lui, passé de 49 milliards $ en 1999 à 170 milliards $ l’année dernière. L’Algérie s’est enfin libérée du fardeau de la dette extérieure ramenée de 29 milliards de dollars en 1999 à moins de 5 milliards de dollars, l’année dernière.

Chers frères, chères sœurs,
Les travailleurs ont bénéficié de la renaissance économique et sociale du pays, que ce soit à travers les efforts pour améliorer les conditions de vie de toute la population ou que ce soit à travers l’évolution des salaires.

C’est ainsi que le salaire national minimum garanti a doublé durant la décennie, passant de 6.000 DA en 1999 à 12.000 DA en 2007, avec, en outre, une exonération fiscale jusqu’au seuil mensuel de 15.000 DA. Nul doute que la prochaine réunion tripartite permettra, au cours de cette année, de faire évoluer encore ce salaire de référence.

Dans le secteur de la Fonction Publique, et outre les cinq revalorisations des salaires et des primes, survenues entre 2001 et 2006, la promulgation du Statut Général a donné lieu, l’année dernière, à une augmentation des salaires des fonctionnaires, laquelle sera bientôt consolidée au niveau des différents régimes indemnitaires, une fois la promulgation des statuts particuliers parachevée.

Dans le secteur économique public, la révision périodique des conventions collectives et de branches a encadré les augmentations salariales. Les conventions conclues en 2007 ont généré des améliorations salariales d’une moyenne de plus de 15 %, en dépit de la situation difficile d’un nombre important d’entreprises publiques. En outre, l’Etat s’est substitué aux entreprises publiques déficitaires ou en cessation d’activités, pour faire face aux retards de versement des salaires de leurs travailleurs, engageant pour cela plus de 32 milliards DA entre 2001 et 2008.

Dans le secteur économique privé, les organisations patronales ont conclu, en 2006, un accord avec l’UGTA, pour une revalorisation du salaire de base, allant de 10 à 20 %.

Par ailleurs, l’Etat a veillé au renforcement de la législation et de la réglementation relatives à la sécurité et la santé des travailleurs sur leurs lieux d’activité. Il a, enfin, facilité l’accès des travailleurs à faible revenu aux soins, par le biais du système du « tiers payant » pour l’acquisition des médicaments, lequel sera d’ailleurs bientôt étendu au règlement des coûts des consultations, grâce à un dispositif de conventions avec les médecins.

Toutes ces évolutions ont été le fruit du dialogue social que nous avons su faire évoluer vers un Pacte National Economique et Social conclu en 2006, et qui a été tout légitimement salué par l’Organisation Internationale du Travail, comme un exemple aussi louable que singulier à travers le monde.

 Mesdames, Messieurs,

Attachés à nos valeurs sociales communes, les pouvoirs publics veillent également à sauvegarder le pouvoir d’achat des citoyens face à la flambée des prix des matières premières sur le marché mondial. Pour la seule année 2008, la stabilisation des prix du pain, des semoules et du lait, a nécessité des subventions publiques de près de 190 milliards DA, alors que pour l’année 2009, ce montant évoluera à près de 200 milliards DA. En outre, l’ensemble des transferts sociaux pris en charge par le budget de l’Etat n’ont cessé de progresser, se rapprochant de près de 1.000 milliards DA, l’année dernière.

Les retraités n’ont pas été omis dans cette démarche de justice sociale.

Ainsi, les pensions et allocations de retraites des travailleurs salariés ont régulièrement été revalorisées avec, de surcroît, une exonération des retenues fiscales jusqu’à hauteur de 20.000 DA. De plus, à partir de 2006, l’Etat a mobilisé le concours du budget public pour valoriser les pensions principales et de réversion des travailleurs salariés et non salariés, dont le minimum se trouve établi à 11.000 DA par mois depuis le début de cette année.

En outre, et pour la première fois depuis l’indépendance, l’Etat a également mobilisé ses propres ressources pour relever de plus de 50 % les allocations directes et de réversion des travailleurs non salariés, garantissant ainsi aux concernés, un minimum mensuel de 3.500 DA.

Enfin, soucieux de la pérennité du système national de retraite, nous avons instauré, depuis 2006, un fonds national de réserve des retraites, alimenté par 2 % de ressources annuelles de la fiscalité pétrolière.

Mesdames, Messieurs,

L’Algérie doit poursuivre ses efforts pour rattraper définitivement tous ses retards. A ce titre, j’ai indiqué que l’Etat consacrera pendant les cinq prochaines années, l’équivalent de 150 milliards de dollars de ressources publiques au développement, tout en continuant à mobiliser le concours des investisseurs nationaux et étrangers.

A titre d’illustration des nombreux objectifs qui seront assignés à ces efforts, je citerai la poursuite de la lutte contre le chômage, avec la création de 3 millions d’emplois durant les cinq années à venir, dont la moitié grâce aux dispositifs d’emplois d’attente, ainsi que la satisfaction de la demande nationale de logements, avec la réalisation de plus d’un million de nouvelles unités au bénéfice de la population.

En même temps, les progrès enregistrés durant la décennie écoulée ainsi que les données que véhicule la crise économique mondiale actuelle nous invitent à dynamiser nos efforts pour la création de richesses économiques diversifiées. Dans ce cadre, je voudrais d’abord partager avec vous quelques données et quelques réflexions.

Mesdames, Messieurs,

Les investissements engagés durant la décennie ont certes eu des retombées positives sur la croissance économique, mais ils n’ont pas été accompagnés d’une création de richesses ou d’activités à la hauteur des moyens mobilisés par l’Etat.

En effet, nos importations de biens sont passées de près de 13 milliards de dollars en 2003 à près de 40 milliards de dollars l’année dernière, alors que nos importations de services sont passées d’un montant de moins de 3 milliards $ en 2003 à près de 8 milliards de dollars l’année dernière. A ce rythme de croissance de nos exportations de capitaux, les revenus des hydrocarbures, même avec un prix important du baril, seraient de plus en plus insuffisants pour préserver, à moyen terme, notre indépendance financière et garantir la continuité de notre développement.

En parallèle, la crise économique mondiale nous enseigne combien est dangereux l’amenuisement de la mission de contrôle et de régulation de l’Etat, et que, lorsque l’intérêt national le commande, même en économie de marché, les pouvoirs publics n’hésitent pas à intervenir massivement pour maintenir la croissance, contenir les pertes d’emplois, et sauvegarder des pans entiers de l’économie locale. Cela nous interpelle donc pour adapter notre démarche, tout en poursuivant la construction d’une économie nationale fondée sur les règles du marché ainsi que son insertion dans la sphère universelle.

C’est là l’objectif des mesures que j’ai instruis le gouvernement de mettre en place. Celles-ci visent à préserver, à terme, l’équilibre de notre balance des paiements, à nous prémunir des investissements spéculatifs et parasitaires, à fructifier les ressources financières que possède aujourd’hui le pays, et à promouvoir, enfin, des partenariats loyaux, nous apportant le savoir-faire qui nous manque, et fondés sur un partage équitable des bénéfices.

Dans ce même esprit, j’appelle les opérateurs nationaux à s’associer plus activement à la bataille nationale de la compétitivité qui passe par la création d’entreprises efficaces, publiques, privées, ou en partenariat avec des étrangers, des entreprises à même de générer des emplois nombreux, qui rapporteront également à la collectivité nationale sa part de recettes, et qui permettront enfin, à notre économie, de diversifier et d’augmenter ses parts de marchés à l’étranger.

L’Etat a pris ces dernières années de nombreuses initiatives pour encourager le développement de l’entreprise, qu’il s’agisse du gel du découvert des entreprises publiques, des avantages importants du Code des investissements, des allégements fiscaux divers à l’économie, des dispositifs mis en place pour la garantie des crédits à la petite et moyenne entreprise, ou qu’il s’agisse des soutiens publics à la mise à niveau des entreprises.

Nous sommes déterminés à poursuivre ces efforts en faveur des entreprises réellement productives de biens et de services pour le pays. A cet égard, j’ai chargé le gouvernement d’œuvrer au renforcement de la lutte contre la fraude sous toutes ses formes, laquelle entrave l’entreprise honnête. Je l’ai également instruit de mettre au point d’autres mesures pour de la dynamisation du développement économique national, et dont je souhaite vous indiquer les grandes lignes.

Mesdames, Messieurs,

1) S’agissant des entreprises publiques, et en attendant la finalisation réelle de la nouvelle stratégie industrielle, j’ai chargé le gouvernement de s’atteler à la mise à niveau des entreprises viables, activant dans des secteurs porteurs, afin de les faire participer davantage à la réalisation des programmes nationaux de développement. Ce chantier a déjà été lancé, notamment, pour les entreprises du bâtiment, des travaux publics, des ressources en eau et de l’activité agricole. Les décisions requises seront dégagées avant la fin de ce semestre.

2) J’ai également le plaisir de vous annoncer qu’un Fonds National d’Investissements sera institué avant la fin de ce mois. Ce fonds, qui s’appuiera sur une réorganisation de la Banque Algérienne de Développement, sera doté par l’Etat d’un capital de 150 milliards DA. Ce nouveau dispositif sera, , en mesure de financer sur le moyen terme des investissements majeurs pouvant atteindre un total de 1.000 milliards DA.

3) S’agissant de la petite et moyenne entreprises, j’ai chargé le gouvernement d’élaborer un véritable programme d’appui rénové qui sera parachevé à la fin de ce semestre, et qui portera, notamment, sur :

- La création de filiales bancaires pour financer le capital investissement, ainsi que pour l’acquisition en leasing, des équipements produits localement ;

- Le relèvement substantiel de la garantie publique aux crédits d’investissement ainsi que la réduction des délais d’examen des dossiers de financement par les banques, lesquelles devront, cependant, demeurer attentives à la réunion des conditions de viabilité des projets présentés ;

- La création et le développement au niveau de chaque wilaya, d’une instance d’assistance et de conseil aux porteurs de projets d’investissements ;

- Et enfin, la rationalisation des moyens et des mécanismes actuellement en place pour le soutien à la mise à niveau des entreprises, de sorte à en augmenter l’efficacité et la portée.

4) En outre, le Gouvernement a été instruit d’accorder une attention particulière au dossier de la promotion immobilière que nous entendons développer, en parallèle avec le logement social.

A ce titre, et outre l’aide frontale qu’accorde déjà l’Etat pour l’accès au logement promotionnel, des bonifications importantes sur le coût du crédit bancaire seront instaurées au bénéfice des citoyens dont les revenus sont modestes ou intermédiaires. Des mesures de même nature seront également mises en place au bénéfice de la classe moyenne, à savoir les titulaires de revenus mensuels situés entre 72.000 et 150.000 DA, qui ne doivent pas être marginalisés dans ce domaine. Enfin, et pour réduire le coût du logement promotionnel, des allégements sur le coût du foncier, ainsi que sur les coûts du financement bancaire seront accordés aux promoteurs immobiliers.

5) Enfin, j’ai chargé le gouvernement de mettre au point des dispositions à même d’assurer la propagation de l’investissement productif à travers tout le territoire national, et mettre, ainsi, un terme à sa concentration excessive autour des grandes villes du nord du pays.

Cette démarche s’appuiera sur la création et la viabilisation de zones industrielles dans les diverses wilayas du pays et, d’abord, le long des grands axes routiers et ferroviaires. Elle utilisera aussi comme levier, la législation d’encouragement à l’investissement, au profit des wilayas des Hauts Plateaux et du sud du pays, ainsi que de toutes les wilayas qui accusent encore des retards dans la mise en valeur de leurs potentialités.

Mesdames, Messieurs,

Les mesures que je viens de vous annoncer témoignent de la volonté des pouvoirs publics de faire des années qui viennent, une occasion d’asseoir l’amélioration des conditions de vie de notre peuple sur les fondements de la stabilité et de la durée.

J’appelle nos travailleurs et nos entrepreneurs à s’engager activement sur cette même voie, pour répondre à l’attente de notre peuple, construire l’Algérie, et notamment, pour préparer l’avenir de notre jeunesse à laquelle nous devons offrir des débouchés qui fructifieront ses énergies et ses compétences.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Abdelaziz Bouteflika

Publié dans Communiqués

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