1ère commémoration du 17 octobre 1961 dans la Ville D' Asnières sur seine

Publié le par Alliance ANR - UDR



Pour la première fois à Asnières, la municipalité a commémoré les événements tragiques du 17 octobre 1961. Plusieurs centaines d'Algériens ont été tués à Paris et dans les villes de la banlieue par la police sous les ordres de Maurice Papon, alors préfet de police.


J'ai souhaité ce moment de recueillement à l'occasion d'une cérémonie commune au Pont de Clichy avec la municipalité de Clichy.

Pour se souvenir.

Extraits de mon discours:


"Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les responsables d’associations, Mesdames et Messieurs, Comme vous le savez, les événements du 17 octobre 1961 ont longtemps été frappés d'un oubli presque entier.

Longtemps, nul ne semblait savoir qu'avait eu lieu en 1961 une manifestation de masse d'Algériens à Paris, ni qu'elle avait été réprimée avec une extrême violence.

C’est donc une volonté forte de la nouvelle municipalité d’Asnières de participer aujourd’hui à la première cérémonie commune avec Clichy, qui commémore cet évènement depuis des années.

 Pour moi, un nom suffit à symboliser ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 : celui de Papon.

Après la Gironde, sous Vichy, où sa politique le conduira fort justement à être condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité, il poursuit sa carrière préfectorale.Lorsqu'il est nommé Préfet de police à Paris en 1958, il répond à une campagne d'attentats, menés en métropole par le Front de Libération Nationale (FLN), en organisant des rafles massives de "Français musulmans d'Algérie ".

Reprenant ses méthodes anciennes, Maurice Papon institutionnalise les violences à l'encontre de la population Nord-Africaine de Paris: - il crée la Force de police auxiliaire qui pratique la torture ; - il fait ouvrir le Centre d'Identification de Vincennes où peuvent être internés, sur simple décision administrative et sans jugement, les Nord-Africains dit « suspects ». - Il va même jusqu'à instaurer, le 1er septembre 1958, un couvre-feu pour les Nord-Africains. (...) Face à une telle situation, le F.L.N. décide de boycotter le couvre-feu et organise, le 17 octobre
de la même année, une énorme manifestation devant avoir lieu dans tout Paris.

Les manifestants ont la consigne de ne répondre à aucune provocation, à aucune violence.

D’ailleurs, des cadres du F.L.N. fouillent les participants avant la manifestation pour s'assurer qu'ils n'ont rien qui puisse servir d'arme. (...) Aux portes de Paris, à la sortie des métros Étoile, Opéra, dans les couloirs de la station Concorde, sur les Grands Boulevards, partout, les manifestants seront systématiquement matraqués, à coups de crosse, de gourdin, de bâton, souvent jusqu'à ce qu'ils s'effondrent.

Les policiers frappent au visage, au ventre, des manifestants qui ne montrent, à aucun moment, ni violence ni résistance. (...) Oui, en plein Paris et pendant plusieurs heures se déroule une véritable chasse au faciès.

Maurice Papon suit toutes les opérations et se rend lui-même à l'Etoile, pour constater leur " bon déroulement ", pour reprendre ses propos. (...) Plus de dix mille Algériens sont interpellés.

Ils sont internés pendant près de quatre jours. Quatre jours pendant lesquels les violences continuent. A leur arrivée, les manifestants sont systématiquement battus. (...) Pour autant, aulendemain de la manifestation, le bilan officiel fait état de deux morts, personnes de nationalité algérienne. Il fait état de « tirs échangés » entre la police et les manifestants.

Malgré les efforts de quelques parlementaires, le gouvernement empêche la création d'une commission d'enquête et aucune des plaintes déposées n'aboutira.

Aujourd’hui, on sait que plusieurs centaines de personnes sont mortes ce jour là dont des Asniérois et des Clichois. Pourtant, tout cela est passé sous silence.

Comme si de rien n’était. Comme si le traumatisme ne devait pas exister. Alors, oui, je suis particulièrement fier que la ville d’Asnières participe pour la première fois à cette cérémonie. Je considère que nous avons, ici aussi, un devoir de mémoire. Je ne veux pas que les générations futures oublient qui était Maurice Papon, le Secrétaire Général de la Préfecture de Gironde qui a commis des crimes contre l’humanité, le Préfet de Police de Paris qui a fait assassiner et emprisonner des centaines d’innocents. Je ne veux pas que l’on n’oublie ces crimes au nom de l’Etat français.

 Autant le dire ici, non en raison de je ne sais quelle repentance, mais par respect. Par respect pour ceux qui ont perdu des frères, des sœurs, des parents, des cousins, des amis."

merci Monsieur le Maire Sébastien Pietrasanta
au nom de tous Algériens et Algériennes
de l'Algérie 


Publié dans Presse Etrangéres

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