OUVERTURE DE LA RENCONTRE DES PRESIDENTS DES ASSEMBLEES POPULAIRES COMMUNALES

Publié le par Alliance ANR - UDR

DISCOURS

(Alger, samedi 26 juillet 2008)

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Madame et Messieurs les Walis,

Mesdames et Messieurs les Chefs de Daïras,

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Assemblées Populaires Communales,

Honorables invités,

 

C’est pour moi un plaisir d’être parmi vous, aujourd’hui, à l’occasion de cette rencontre réunissant les 1541 présidents d’assemblées populaires communales issus des dernières élections communales.

 

Je saisis cette occasion pour vous présenter mes félicitations pour votre élection dont la légitimité est renforcée par les conditions dans lesquelles se sont déroulées ces élections, ainsi que par la crédibilité de notre système électoral, qui garantit le respect de la volonté des électeurs, exprimée en toute transparence.

 

J’aborderai avec vous, aujourd’hui, les aspects essentiels de la vie des collectivités locales, notamment la réforme des collectivités territoriales et la problématique de la décentralisation et de la déconcentration qui en découle, le développement local, la gestion des collectivités locales, et toute l’importance de la ressource humaine et de la formation dans cette gestion.

 

La légitimité qui est aujourd’hui la vôtre est un motif de fierté pour vous, mais elle est également porteuse d’une lourde responsabilité parce que les suffrages que vous avez obtenus expriment beaucoup d’attentes et beaucoup d’espoir chez les citoyens qui vous ont choisis.

 

En vous choisissant, chaque Algérienne et chaque Algérien vous ont confié une grande responsabilité dans plusieurs domaines consacrés par la Constitution et inscrits dans notre action quotidienne.

 

Les citoyens algériens, notamment les jeunes, attendent de vous des réponses à leurs multiples attentes, une amélioration de l’environnement et de la qualité de vie, une prise en charge efficace du service public mais, aussi, plus de transparence dans les décisions qui les concernent, à travers une information organisée, plus d’écoute et de participation dans les choix relatifs au développement de leur commune.

 

Les résultats des dernières élections locales illustrent parfaitement les changements importants intervenus au sein de notre société :

 

-         70 % des élus et des présidents d’assemblées populaires communales ont moins de 50 ans, ce qui reflète la jeunesse de notre population et son implication dans la vie politique locale.

-         Plus de 30 % de ces mêmes élus ont un niveau supérieur.

 

Cette nouvelle configuration des assemblées élues est révélatrice d’une plus grande implication des jeunes générations qui prennent ainsi le flambeau de la génération de la lutte de libération pour construire l’Algérie nouvelle.

 

En plaçant la réforme des collectivités territoriales au centre de la réforme des missions et des structures de l’Etat, nous avons voulu consolider la démocratie locale et lui donner tous les moyens pour qu’elle s’exprime.

 

Notre démarche fondée sur une décentralisation et une déconcentration pragmatiques et progressives, est aujourd’hui largement engagée, et des projets de loi ont été préparés, visant la clarification des missions et des compétences de l’ensemble des acteurs locaux et l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement des collectivités territoriales.

 

En plus de toutes les améliorations attendues de cette réforme, la réorganisation territoriale va bientôt se traduire par la désignation de Walis délégués à la tête des circonscriptions jugées importantes par leur population, le nombre de leurs communes, leur vocation et la complexité de leur gestion, pour une meilleure emprise sur la réalité du terrain et pour réduire les distances entre les centres de décision et l’espace territorial concerné pour une meilleure gestion de proximité.

 

Dans cette démarche, un intérêt particulier a été accordé à la refonte des finances et de la fiscalité locales, parce qu’elles sont une condition préalable à toute la réforme des collectivités locales. Cette refonte, qui va permettre une augmentation appréciable des ressources communales, donnera à l’élu les moyens d’exercer pleinement ses missions et le rendra capable de plus d’initiatives.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Le développement local a constitué la pierre angulaire de notre action économique et sociale.

 

Déjà, la loi de finances complémentaire pour l’exercice 2008 a introduit des mesures concrètes d’amélioration des finances locales :

 

- l’assainissement des dettes des communes évaluées pour la période de 2000 à 2007 à 22,9 milliards DA ;

- la prise en charge sur le budget de l’Etat de l’incidence financière résultant de l’augmentation des salaires des agents des collectivités locales à 18,4 milliards DA ;

- l’augmentation des quote parts des communes dans le produit de certains impôts et taxes ;

- l’augmentation des dotations de péréquation pour compenser les moins-values fiscales qui passent de 5,5 milliards DA à 25 milliards DA en 2008.

 

Maintenant, il est nécessaire que, de votre côté, vous fassiez preuve de pragmatisme, de détermination, d’initiative et de transparence dans la gestion de vos communes, car le développement local qui a toujours été perçu comme relevant de la seule responsabilité de l’Etat central, est en train d’être redéfini pour s’inscrire dans les responsabilités des communes.

 

Cette option prioritaire du développement local a été affirmée dans les différents programmes, dont le programme de soutien à la relance économique, le programme de soutien à la croissance économique, les programmes sectoriels de développement, les plans communaux de développement et les programmes spécifiques tels que les programmes pour les régions du Sud et les Hauts-Plateaux.

 

Tous ces programmes ont été réalisés pour permettre aux citoyens de bénéficier des équipements publics de base et de proximité, et encourager prioritairement les grands projets économiques.

 

Rappelons qu’il s’agit au niveau national de plus de 110.000 opérations liées à l’alimentation en eau potable et l’assainissement, à la réalisation d’infrastructures de jeunesse et sport, de culture, d’éducation, de santé et d’environnement, et d’infrastructures administratives et de désenclavement.

 

Plus de 530 milliards DA ont été mobilisés entre 1999 et 2008, soit en moyenne 50 milliards DA par an, contre une moyenne de 8 milliards DA par an seulement entre 1962 et 1999.

 

Il vous appartient, à votre tour, de prendre en charge les réalisations achevées dans le cadre des programmes de développement dans tous les volets liés à leur gestion, leur maintenance et leur entretien, ainsi que leur bonne exploitation pour éviter toute dégradation préjudiciable à la collectivité.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Les nouveaux moyens de communication donnent à nos jeunes un accès facile et une plus grande ouverture sur le monde et ses progrès, ce qui les rend plus exigeants dans leurs attentes et plus conscients des enjeux économiques et sociaux. En même temps, la mondialisation a rendu les relations internationales plus complexes, plus dures, et le compter sur soi, primordial.

 

Dans cet environnement mondial complexe, nous avons opté pour un développement véritable, celui qui maintiendra une balance des paiements équilibrée, une disponibilité des produits de base, une création d’emplois soutenue et des services publics efficients.

 

Un tel développement ne peut reposer que sur des activités créatrices de richesses réelles, ce qui signifie que nous devons rendre l’Algérie plus attractive pour l’investisseur national tout d’abord, et aussi pour l’investisseur étranger.

 

Ces investissements passent nécessairement par la création d’un environnement adéquat, d’une meilleure qualité de vie, d’un bon fonctionnement des services publics (ordre public, logement, école, santé, transport, y compris les loisirs) et des infrastructures de base performantes.

 

Les assemblées populaires communales portent la responsabilité de la prise en charge du quotidien des citoyens de leurs communes, mais elles ont aussi un rôle essentiel à jouer dans l’encouragement aux investissements productifs.

 

Mais toute cette dynamique de réforme des collectivités locales est largement conditionnée par la modernisation des instruments et des actes de gestion, des ressources humaines, ainsi que par l’amélioration des compétences.

 

Pour y parvenir, plusieurs mesures ont été prises, en particulier l’élaboration d’un statut des personnels des collectivités locales qui introduit la gestion par la compétence et permet la professionnalisation des acteurs du service public local. Ce nouveau statut s’appuie sur un schéma directeur de la formation au profit des collectivités locales.

 

La construction de six établissements de formation vient d’être inscrite et va porter à 11 les établissements de formation des collectivités locales avec une capacité pédagogique de 9.000 places. Ces établissements seront le fer de lance de notre politique de modernisation de la gestion, et le levier de la professionnalisation des agents des collectivités locales.

 

Nous avons voulu aussi que l’Ecole Nationale d’Administration soit mise sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, et sa réforme doit lui permettre de mieux répondre aux besoins de l’administration publique, et particulièrement des collectivités locales. Le projet de création de l’Ecole des Ingénieurs Territoriaux viendra compléter le tissu de formation ainsi mis en place.

 

Nous sommes convaincus que le véritable changement se fera par la formation, et le souci de professionnalisation concerne d’abord les hauts fonctionnaires territoriaux, comme les élus.

 

Des secrétaires généraux de commune aux chefs de Daïras, inspecteurs généraux de Wilaya, directeurs, ainsi que les secrétaires généraux de Wilaya et bientôt les walis, en bref, tous les cadres territoriaux, ont eu et auront à se remettre en question à travers une formation au management public qui leur permettra une meilleure compréhension de leurs rôles et activités, le développement de leur efficacité personnelle et la maîtrise de méthodes modernes de gestion.

 

La communication, la qualité du service public, la gestion des crises, les systèmes d’évaluation de la qualité et la performance du service public sont autant de problèmes abordés qui démontrent la volonté d’évoluer vers une gestion plus qualitative fondée sur de réelles compétences managériales.

 

Mesdames et Messieurs,

 

La formation que vous avez eu à suivre, et qui est une première du genre, s’inscrit dans cette vision globale où tous les acteurs de la vie locale, dont vous faites parties, auront à acquérir des compétences et améliorer leurs capacités de gestion et d’action.

 

Prendre en charge la complexité de la gestion communale, privilégier l’efficacité des actions, instaurer la transparence et l’écoute, développer l’initiative locale, c’est cette logique de promotion de nouvelles méthodes et actions que nous encourageons.

 

Il serait souhaitable que votre action s’inscrive désormais dans une autre forme de rapports avec l’administration et avec les citoyens.

 

D’abord, avec les citoyens que vous devez nécessairement faire participer à l’élaboration du plan de développement de la commune à travers la définition de leurs besoins et leur hiérarchisation. Le citoyen ne doit plus se confiner dans une attitude passive ou revendicative, mais vous devez l’aider à s’engager dans une démarche participative qui fera réellement évoluer la démocratie locale.

 

Les ambitions de la commune, ses valeurs et son développement seront mieux partagés par tous, à travers cette approche dynamique de la vie en collectivité.

 

Partant de là, vous devez être en mesure, si ce n’est déjà fait, de projeter le développement de vos communes sur toute la durée de votre mandat (5 ans), le concerter avec les autorités locales et le formaliser dans un contrat programme qui est l’acte par lequel se définissent les responsabilités de chacun et qui permet d’évaluer les résultats de la gestion locale.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais vous remercier d’avoir répondu à notre appel et d’associer ainsi votre disponibilité à la réussite de cette mission qui doit désormais être érigée en action permanente et continue dans le but d’encourager les initiatives et d’entretenir l’essor économique de nos collectivités.

 

C’est sur cette dernière note, toute chargée d’optimisme et de confiance en l’avenir que je terminerai mon propos, en vous souhaitant beaucoup de succès dans vos travaux, dans l’accomplissement de vos missions et dans la concrétisation des projets de vos communes. Ces succès dépendront de la force de votre détermination et de votre opiniâtreté au service de la chose publique.

 

Je vous remercie de votre attention.


Source :  http://www.el-mouradia.dz

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