Du processus de Barcelone à l’Union Pour La Méditerranée

Publié le par Alliance ANR - UDR


Douze ans après son lancement dans la capitale catalane, Euromed, l'autre nom du processus de Barcelone, avait pour ambition d'instaurer la paix et la prospérité par le dialogue politique, le développement économique et le rapprochement des peuples. En 2005, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy ne se privait pas déjà de critiquer le processus de Barcelone, partenariat lancé entre l'Union européenne et douze Etats de la Méditerranée (Algérie, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Autorité palestinienne, Syrie, Tunisie, Turquie). Dix ans plus tard, le bilan des réalisations est en effet maigre.

 Les chefs d'Etat et de gouvernement du sud de la Méditerranée avaient même, en signe de mécontentement, boycotté le sommet qui marqua son dixième anniversaire. Seuls le chef du gouvernement turc et le président de l'Autorité palestinienne avaient alors fait le déplacement.

Le Liban s'était enfoncé dans les incertitudes, les Palestiniens toujours soumis. Les écarts de richesse entre le Nord et le Sud se sont accrus, aggravant du coup le problème de l'émigration clandestine. Quant au partenariat culturel et humain, il a souffert des restrictions croissantes à la circulation des personnes. L'Europe prenait les allures d'une citadelle seulement soucieuse d'assurer ses approvisionnements énergétiques. A chaque fois, les pays du sud posent d'ailleurs le problème des difficultés, sinon de l'impossibilité, d'avoir des visas. Les pays du nord, soucieux de maîtriser les flux migratoires et de se prémunir des actes terroristes, peinent à trouver une réponse adéquate à cette doléance.

Le processus de Barcelone s'enlisant, le président Sarkozy dès son arrivée à l'Elysée proposa un nouveau projet, inspiré par l'un de ses conseillers, Henri Guaino : l'Union méditerranéenne.

Il en parle d'abord en février 2007 en pleine campagne électorale, à Toulon, ville de la côte méditerranéenne. En octobre 2007, à Tanger, lors de sa visite d'Etat au Maroc, il invite les chefs d'Etat méditerranéens à se retrouver en France. Apparemment, n'étaient concernés, côté européen, que les pays riverains de la Méditerranée, tels que l'Espagne, l'Italie, le Portugal, la Grèce, et surtout la Turquie. On prêtera d'ailleurs au locataire de l'Elysée de vouloir contourner ainsi l'écueil de l'adhésion de la Turquie à l'UE.

 Il n'avait jamais caché son opposition à cette perspective. Mme Angela Merkel, la chancelière allemande, s'oppose au projet français dont elle voit un ferment de division au sein de l'UE. En mars 2008, le chef de l'Etat français s'incline et accepte d'associer ses partenaires européens à la version améliorée du processus de Barcelone.

S'y joignent l'Albanie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et Monaco. Les initiateurs du projet ont reproché au processus de Barcelone de s'être enlisé dans le politique. Visiblement, c'est un effet d'annonce tant les priorités s'avèrent aussi dans le nouveau projet de nature strictement économiques. On évoque d'ores et déjà quelques premiers projets à vocation régionale : dépollution de la Méditerranée, la mer la plus sale du monde, énergie (plan solaire...), accès à l'eau potable, voies de communication maritimes.

Suffiront-ils à réduire les inégalités qui génèrent les phénomènes au cœur de la méfiance qui a bloqué le processus de Barcelone ? Le pari de le revitaliser demeure hasardeux. Il n'en est pas moins audacieux.

H. Rachid.

Source :
http://www.horizons-dz.com

Commenter cet article