Discours du Président à l'occasion de l'Indépendance Nationale

Publié le par Alliance ANR - UDR


Discours du Président de la République à l'occasion du 46ème anniversaire
de l'Indépendance nationale

 

Alger, 5 juillet 2008


 
Mesdames et Messieurs,


C'est un réel motif de joie que de m'adresser à vous en ce grand jour, où nous célébrons le 46ème anniversaire du recouvrement de l'indépendance nationale, cette date hautement symbolique de par la fierté, la dignité et l'heureux présage qu'elle représente, et également, dédiée à la jeunesse, pilier de la nation et enjeu de demain.

 

A cette occasion, je ne puis que m'arrêter sur l'état actuel de notre processus d'édification de l'État national moderne et d'une société développée, puisant dans notre glorieuse Histoire les jalons qui tracent la voie vers de lendemains meilleurs. Une Histoire séculaire, riche en épopées des aïeux qui ont bâti les villes, refusé l'hégémonie et résisté à l'occupation, génération après génération, sous l'étendard de la liberté, de la paix, de l'amour et de la tolérance, hissant haut et à jamais le nom et l'emblème de l'Algérie.

 

C'est dans une ambiance d'humilité et de déférence que nous nous recueillons, aujourd’hui, à la mémoire des vaillants martyrs de l'Algérie, ces millions de chouhada, dont la foi en la patrie et le nationalisme n'ont jamais fléchi, et ce durant un siècle et un tiers de siècle de souffrances et de lutte contre les envahisseurs. Une lutte qui s'est déclenchée avec la résistance populaire ininterrompue et s'est poursuivie avec le mouvement de réforme et la lutte nationale pour culminer avec la glorieuse Révolution du 1er Novembre, qui a amené la victoire éclatante.

 

En ce jour heureux, nous devons nous remémorer et rappeler, notamment, aux générations montantes, qui n'ont pas connu les affres et la répression du colonialisme, que cette indépendance a été arrachée au prix d'un lourd tribut. Et de leur dire, aussi, qu'elle est un message sacré qu'il importe de transmettre à travers la concrétisation des nobles valeurs et objectifs pour lesquels les valeureux martyrs se sont sacrifiés et qui exigent davantage d'efforts, en vue d'édifier un Etat national moderne et fort et une société développée et authentique, à même de contribuer, positivement, à la marche de la civilisation et au progrès humain.

 

La commémoration de l'histoire nationale et sa consécration comme source de fierté et d'inspiration pour nos générations futures est de nature à renforcer la foi en la patrie avec son identité arabe, amazighe et islamique, sa personnalité civilisationnelle particulière, intégrée dans l'espace arabe, islamique, africain et méditerranéen, son unité inébranlable et son génie renouvelé qui lui confèrent la résistance et la sagesse, la confiance et le courage qui lui permettent de surmonter les épreuves et les difficultés vers un avenir prospère.

 

Une rétrospective des réalisations concrétisées dans le cadre du processus d'édification de l'Etat-Nation moderne, durant, seulement, les quatre dernières décennies, période insignifiante dans l'Histoire des États et des civilisations, et un aperçu des images de répression, d'extermination, de bannissement, de destruction, d'aliénation et de sous-développement vécus par l'Algérie d'avant 1962, nous permettent de prendre conscience de ce que nous étions et de ce que nous sommes devenus.

 

Ils nous permettent, également, de comprendre que tout ce qui a été réalisé dans des conditions difficiles n'était pas chose aisée, comme il n'était pas facile pour l'Algérie Républicaine de sortir de l'enfer du terrorisme, de la criminalité et de la destruction, vers une vie de paix, de stabilité et de sérénité, sans l'aide de Dieu et les innombrables efforts déployés et de lourds sacrifices consentis par de vaillants hommes et femmes, les différents corps de sécurité et les éléments de l'Armée nationale populaire, garante de l'unité et de l'intégrité de notre chère patrie.

 

Je ne puis, à présent, que m'incliner, avec humilité et recueillement, à la mémoire des chouhada de la tragédie nationale, en leur témoignant, au nom de la Nation tout entière, reconnaissance, estime et considération.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Il est évident que la paix et le développement sont deux notions interdépendantes. C'est pourquoi, il était de notre devoir de fournir de grands efforts, ces dernières années, en vue de rétablir la sécurité et la paix, parallèlement à la réalisation d'importants et d'urgents programmes de développement, afin de venir à bout des effets induits par la tragédie nationale et ses lourdes répercussions, permettant, ainsi, au pays de réaliser un parcours prometteur, à travers lequel il a recouvré sa stabilité et la place qui lui sied sur la scène internationale.

 

La conjoncture actuelle, requiert la consolidation et l'ancrage du processus de réconciliation nationale. Nous n'allons pas revenir sur la mise en oeuvre de ce processus, dès lors que nous l'avons adopté avec la bénédiction du Tout-Puissant et le soutien indéfectible du peuple algérien, qui l'a consacré par une majorité écrasante, suivant, ainsi, les préceptes de l'Islam, religion de tolérance, et puisant dans nos valeurs humaines civilisationnelles, elles-mêmes puisées dans la défense intrépide des principes de dialogue, de fraternité et de tolérance.

 

Notre conviction quant à la justesse de la réconciliation nationale est forte et inébranlable dans un État de droit qui s'évertue à protéger les Droits de l'Homme, à promouvoir la démocratie dans son acception, à la fois juste et innocente des accusations calomnieuses que des parties tendancieuses ou des organisations suspectes tentent de lui porter.

 

Oui, la réconciliation nationale au sein d'une société pacifiste et solidaire qui rejette le tribalisme, le régionalisme et le fanatisme religieux est une réconciliation dont les résultats se concrétisent à travers un développement national global et équilibré, développement qui s'attelle à éliminer toutes les formes de disparité, de misère et d'exclusion et à réunir les conditions d'une vie digne pour tous les citoyens et citoyennes.

 

Oui, une réconciliation pour éteindre le feu de la fitna, rejeter la division et réaliser l'unité. Une réconciliation que nous nous attelons à consacrer ensemble, présentement et dans le futur, en dépit des voix sceptiques et obstinées qui s'élèvent et des esprits sclérosés d'extrémistes.

 

Cette catégorie d'égarés qui prêche dans le faux et, à l'encontre des préceptes du Saint Coran et de la Charia, se dirige droit vers un échec cuisant, des égarés qui tentent d'attirer des jeunes avec des fetwa erronées et de les enfoncer à travers des idées takfiristes, terroristes et destructrices pour en faire enfin, les ennemis de leurs famille et pays, la honte de leur religion et de la nation.

 

J'appelle ces jeunes égarés, à garder foi en Dieu, et à revenir sur le droit chemin au sein de leur famille et patrie. Je les appelle à apporter leur contribution à l'édification de leurs pays tout en sachant que l'État n'hésitera pas à faire face, avec force et détermination, aux résidus de la criminalité et du terrorisme. Qu'ils sachent aussi, que les portes du pardon restent ouvertes devant les jeunes, enfants de cette terre bonne et généreuse, et qui feront montre d'une ferme volonté de repentir.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Nous avons payé un lourd tribut, en raison des longues années de terrorisme et de stagnation, et avons accusé un retard important dans différents secteurs donnant, ainsi, lieu à beaucoup de besoins urgents.

 

Les programmes de redressement national et les projets de réforme et de développement initiés, depuis des années, ont permis de rétablir les grands équilibres et d'avancer à grands pas vers la performance économique et l'amélioration du niveau de vie des citoyens.

 

Après s'être libéré du fardeau de la dette extérieure, les efforts se multiplient pour parachever la modernisation des structures de l'État, la réalisation d'un large réseau d'infrastructures modernes, le développement du secteur tertiaire et l'amélioration des indicateurs socio-économiques, notamment, en matière d'emploi, d'habitat, de santé, d'enseignement, de transport et d'approvisionnement de la population en eau et en énergie.

 

Autant d'indicateurs appelés à se consolider encore davantage lors des prochaines années, à la faveur de l'application du Programme complémentaire de soutien au développement et des programmes des Hauts Plateaux et du Sud.

 

Nous sommes conscients que les acquis réalisés demeurent en deçà de nos espérances et ne répondent pas à toutes les exigences urgentes de notre société. Nous sommes convaincus, aussi, que toutes ces réalisations sont des pas franchis sur la voie d'un développement porteur de prospérité et de bien-être, un chemin long et difficile qui requiert patience, mobilisation et solidarité et la conjugaison des efforts de tout un chacun.

 

Les préoccupations des citoyens sont inscrites au titre des priorités, dont le suivi et la prise en charge nous échoient, à la faveur d'une impérative approche participative, du dialogue, de la concertation sociale et de la coopération des différents partenaires publics et privés, du Gouvernent et de l'Union générale des travailleurs algériens, en vue de définir les approches optimales de traitement des revendications soumises.

 

Dans ce contexte, il convient de souligner, tout l'intérêt du pacte national économique et social, conclu en septembre 2006, et de le préserver tel un acquis au profit des travailleurs, de renforcer d'autres réalisations dont la révision du statut de la fonction publique et les révisions consécutives des salaires et des pensions de retraite, auxquelles s'ajoutera, l'adoption des statuts particuliers de chaque secteur à l'effet de satisfaire aux revendications de tous les employés.

 

L'État ne ménagera aucun effort pour prendre toutes les mesures nécessaires à la préservation du pouvoir d'achat, à l'aide aux catégories vulnérables et aux personnes ayant des besoins spécifiques et à l'amélioration du niveau de vie des citoyens, qu'il s'agisse d'insuffler un nouvel élan au rythme de croissance, de maîtriser l'inflation ou de subventionner les prix des produits de large consommation qui connaissent une importante hausse sur les marchés internationaux.

 

Ces mesures toucheront, également, la résorption du chômage dont le taux a sensiblement reculé, l'élargissement des mécanismes d'emploi, récemment consolidés par le plan de promotion de l'emploi et de lutte contre le chômage, entré en vigueur en mai 2008, et visant à garantir 400.000 postes d'emploi, par an, au profit des universitaires, des personnes ayant atteint le niveau secondaire et des personnes non qualifiées.

 

Aussi, l'État continuera à encourager les investissements internes et étrangers, au même titre, que les programmes de réforme et de développement rural et à apporter aide et assistance aux agriculteurs et aux éleveurs sinistrés. Il s'engage à aplanir toutes les difficultés qui se posent à une meilleure participation de la femme dans tous les domaines sur le même pied d'égalité que son frère l'Homme, en l'incitant à adhérer aux activités économiques, politiques et associatives, notamment, dans les zones rurales et au niveau des régions éloignées.

 

Alors que nous évoquons la question de l'emploi des jeunes, je ne puis que m'interroger avec vous: comment, dans un pays comme l'Algérie qui s'emploie à alléger la crise du logement et la dépendance alimentaire à travers des programmes de développement et d'importantes enveloppes financières, trouve-t-on des jeunes qui optent pour le travail dans l'Administration plutôt que dans les secteurs de l'agriculture et du bâtiment, où l'offre d'emploi reste importante.

 

Le travail est une vertu et il n'est point de métier dévalorisant. L'essentiel réside en la productivité et la réussite. Nos jeunes doivent accepter les emplois qui leur sont offerts sans réticence, car le pays a besoin de ses enfants dans tous les domaines. L'Administration ne saurait, à elle seule, réaliser nos objectifs de développement et atteindre la relance escomptée.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Il n'est pour vous, d'autre patrie, que cette chère patrie, chargée qu'elle est d'Histoire et de gloire, d'épreuves et d'enseignements, ainsi que d'un présent, non exempt de difficultés ni d'obstacles, mais plein de réalisations et de mutations, qui augurent d'un lendemain enchanteur grâce à la volonté de Dieu.

 

J'exhorte les jeunes à adhérer, avec force et détermination, à la marche du développement national, à avoir confiance en eux-mêmes, en leur patrie et en leur avenir, à s'organiser, à saisir les opportunités qui se présentent et à œuvrer, résolument, à la réalisation de leurs ambitions légitimes. Nous comprenons, parfaitement, la vivacité et l'enthousiasme affichés dans l'expression de leurs rêves et ambitions, mais aussi, de leurs plaintes et protestations.

 

Celles-ci doivent, toutefois, être manifestées en faisant valoir un esprit consciencieux et raisonnable, en favorisant une attitude civilisée et pondérée, en bannissant la précipitation et l'usage de la violence qui n'honore ni les jeunes ni la Nation et sans se laisser fourvoyer par les tromperies véhiculées par des parties qui cherchent à semer la destruction et la discorde et tentent de manipuler les rêves des jeunes, en allant jusqu'à les soudoyer pour frapper stabilité du pays.

 

Le peuple algérien a payé un lourd tribut pour recouvrer sa sécurité et sa stabilité, les appareils de l'État ne feront, donc, aucune concession et s'opposeront avec force et détermination à toute partie qui essaie de provoquer les émeutes, semer l'anarchie et détruire les biens publics et privés, quel qu'en soit le mobile ou la couverture.

 

Nous devons garder à l'esprit que notre société vit des mutations profondes sur fond des influences d'une mondialisation ouverte à tous les risques et tous les pronostics, et dont nous devons, au demeurant, relever et assimiler les défis. Une société consciente des enjeux qui l'attendent et des défis qui lui sont imposés doit faire preuve de fair-play et de sens de la responsabilité.

 

A ce propos, je saisis cette occasion pour réitérer mon appel à l'adresse des responsables de l'Administration centrale, communale et des wilayas, les invitant à ouvrir les portes du dialogue, jeter les passerelles de la confiance mutuelle et se rapprocher davantage des citoyens, afin d'écouter leurs préoccupations et parvenir à y trouver les solutions idoines.

 

J'insiste auprès des différentes instances et secteurs concernés, pour qu'ils veillent à la concrétisation, dans les meilleurs délais, des politiques et des projets arrêtés, tout en réaffirmant la nécessité de la conjugaison et de la complémentarité des efforts, en vue de redynamiser les programmes d'encadrement et d'insertion, sous toutes leurs formes, et d'ouvrir, ainsi, de nouveaux horizons à nos jeunes et de les accompagner sur la voie de l'espoir, de la confiance et de l'optimisme en lieu et place de l'attente, du pessimisme et de la déperdition et de les protéger contre les différents fléaux et phénomènes. Je rappelle que le dossier de la jeunesse constitue l'affaire de tous et j'interpelle les partis, les associations et toutes les forces de la société civile pour qu'il contribuent, positivement, à l'élargissement et à l'enrichissement des espaces de dialogue et de communication avec cette frange chère de notre peuple.

 

Comme je l'avais confirmé, lors de la réunion gouvernement-walis, consacrée au dossier des jeunes que nous classons parmi les priorités nationales les plus urgentes, l'État va redoubler d'effort, à l'effet d'une meilleure prise en charge des revendications et des préoccupations de nos enfants, en mobilisant les ressources nécessaires et en mettant en oeuvre des programmes complémentaires et cohérents, qui apportent une réponse efficiente à leurs besoins.

 

L'État a mobilisé, ces dernières années, des ressources financières colossales et réalisé des centaines de projets dans les secteurs liés aux jeunes, à travers l'ensemble du territoire national. Il a arrêté, également, des mesures incitatives pour amener les jeunes à investir le monde de l'emploi, de l'entrepreneuriat, de l'enseignement et de la formation. C'est à la faveur de ces efforts, que 10 millions de jeunes fréquentent, aujourd'hui, les bancs des écoles, des universités et des centres de formation, et que le pays compte 41 villes universitaires, alors qu'une enveloppe financière considérable du programme de l'équipement a été consacrée au secteur de la jeunesse et des sports.

 

En vue de répondre aux exigences de la gestion et aux besoins du développement, de redresser les dysfonctionnements enregistrés en matière d'organisation administrative territoriale, il est, désormais, impératif, de revoir l'organisation administrative actuelle, en envisageant, le changement de certaines Daïras en circonscriptions administratives pour enfin, créer de nouvelles wilayas.

 

Cette nouvelle organisation administrative tend à impulser le développement, à trouver de meilleures réponses aux problèmes du citoyen, à atténuer la tension dans certaines wilayas à forte concentration de populations, et à consolider la présence de l'État dans les régions frontalières qui vivent des problèmes bien particuliers. Toutes ces mesures veilleront à assurer un découpage équilibré des communes au niveau des wilayas et à réduire les distances entre les communes pour une meilleure gestion de proximité sans omettre les spécificités des régions frontalières, celles du Sud non frontalières, des Hauts Plateaux et des wilayas du Nord. Cette organisation administrative territoriale requiert par conséquent, l'intervention des différentes institutions de l'État, des services compétents en matière de protection sociale, de formation, d'emploi, etc... afin d'assurer une vie décente au citoyen.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Ce qui a été réalisé, à ce jour, grâce aux efforts de tous, n'est qu'une partie d'un ensemble appelé à se concrétiser à travers des programmes soutenus de réformes et de développement et c'est cela qui nous permet d'aspirer, confiants et optimistes, à un avenir prospère de l'Algérie du troisième millénaire, d'espérer un brillant avenir à notre jeunesse qui doit voir sa véritable image parmi les élites productives et actives dans les différents créneaux de la vie politique, économique, sociale, culturelle et sportive, une jeunesse ambitieuse qui a le sens de la patrie, confiante et fière de son identité et animée de cette dynamique de créativité et cette volonté de réussir.

 

Je reste convaincu, que sur ce sol sacré, vit une jeunesse montante qui contribue, efficacement, à la renaissance du pays et à sa prospérité tout comme l'étaient les jeunes d'hier, héros de la résistance et de la libération. Les jeunes d'aujourd'hui, se doivent d'être les piliers de la Nahdha, les flambeaux du rayonnement qui avancent sur la voie de la réussite et du progrès grâce à leurs efforts, leur génie et leur engagement envers leur pays.

 

J'ai assumé la lourde tâche dans des conditions difficiles, m'y consacrant, pleinement, avec l'aide de Dieu et le soutien du peuple. J'ai dédié à mes responsabilités toute mon énergie, dévoué à Dieu et à la Nation, fidèle aux engagements pris devant le peuple.

 

Je vous remercie de votre attention.


Source :  http://www.elmouradia.dz

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