Il y a un an disparaissait EL HADJ HACHEMI GUERROUABI

Publié le par Alliance ANR - UDR

EL HADJ HACHEMI GUERROUABI

Il y a un an disparaissait

Déjà un an ! Le 17 juillet 2006 était rappelé à Dieu El Hadj Hachemi Guerrouabi. C’était à l’hôpital de Zéralda. La veille, l’espoir de le voir rétabli était immense. Sa famille au grand complet soutenue par un nombre impressionnant de citoyens ne perdait pas courage, bien que les médecins soient restés à son chevet jour et nuit, n’arrivant pas à se prononcer. Cette voix sublime du chaâbi s’est éteinte doucement. El Hadj Hachemi Guerrouabi avait soixante-huit ans. Il a tant illuminé les autres par son génie musical qu’il s’est consumé très vite. Cette vie qu’il a consacrée à l’épanouissement de notre identité culturelle a été bien remplie et notre société lui est bien reconnaissante.
La preuve, le maître est toujours vivant dans le cœur et l’esprit des Algériens. Dans cet hommage qu’il lui est rendu, il faudrait noter la tournée, organisée en cette période de commémoration, dans les villes à l’intérieur du pays. Cette tournée est animée par des chanteurs chaâbi. Parallèlement à cette action, ont lieu au théâtre de verdure les nuits du chaâbi en hommage à El Hadj Hachemi Guerouabi. Ces «layali chaâbi», initiées par l’Etablissement arts et culture, ont débuté le 15 juillet pour se poursuivre, chaque soir, jusqu’au 22 avec des chanteurs comme Abdelkader Chaou, Abderrahmane El Kobbi, Abdelmadjid Meskoud, Sid Ali Lekkam, Réda Doumaz, Abdellah Guettaf…

SID ALI DRIS

«Mon oncle maternel El Hadj Hachemi

Guerrouabi a été mon maître»

Sid Ali Dris, chanteur chaabi s’est fait un nom dans le milieu national de cet art musical populaire. La source de son accès à la vie d’artiste se situe dans le rôle important qu’a joué son oncle maternel dans son orientation et ses enseignements relatifs à la musique chaabi. Il se dit fier de cet héritage. Connaissant bien le maître grâce à ses relations familiales, il nous le révèle dans ses aspects inédits

Racontez-nous vos premiers souvenirs du défunt El Hadj Hachemi Guerrouabi ?
J’ai pris conscience de la renommée populaire de mon oncle quand j’avais quatorze ans. C’était à la fin des années soixante et El Hadj Hachemi Guerrouabi venait d’avoir un succès fou avec sa chanson El Barah. Je suis devenu un admirateur inconditionnel de mon oncle et je voulais être artiste comme lui. Ce qui m’a le plus influencé dans cette voie c’est son attitude affectueuse à mon égard et sa volonté sincère de m‘ouvrir le chemin. J’ai été profondément touché par son humilité, lui si grand m’accordant une telle importance alors je n’étais pas encore adolescent. Cette qualité de réserve et de simplicité est d’ailleurs un caractère permanent de sa personnalité. Il m’a convaincu de suivre des cours de théorie musicale au conservatoire et sur son conseil, je me suis inscrit à l’école andalouse qui est la base du chaâbi. Il m’a offert un mandole en guise d’encouragement. Je suis devenu un fervent auditeur de ses récitals et des soirées de fête. Dans son répertoire, il m’indiquait les titres qui convenaient le mieux à ma personnalité. J’ai choisi une chanson, Kif aamali oua Hilti, qui m’a permis de remporter le prix du concours Elhan oua chabab.

El Hadj Hachemi Guerrouabi est un monument du chaâbi. Comment considérez-vous son talent et son génie musical, vous qui étiez si proche de lui ?
Ses enseignements ne se limitaient pas aux conseils et aux cours théoriques. Il voulait m’ouvrir le milieu national de l’art musical. Il tenait à ce que je l’accompagne dans des plateaux de télévision en présence d’artistes de renommée de l’époque à l’image de Oueniche, Nabti, Mahieddine Bachtarzi. El Hadj Hachemi Guerrouabi était un artiste complet. Il a fait du cinéma. Il était aussi comédien dans la troupe de Mahieddine Bachtarzi. Ses capacités artistiques ont influé d’une manière positive sur ses qualités de chanteur. Il était un admirable acteur sur scène qui adhérait pleinement à son auditoire. Il comprenait parfaitement son public et savait sans que celui-ci lui exprime à vive voix ce qu’il voulait écouter. Il faut dire que pour maintenir cette fascination que lui vouait son auditoire, il avait une capacité de travail surhumaine. C’est ainsi qu’il passait des nuits blanches à apprendre par cœur les textes des grands cheïkhs. Bien mieux, il s’appropriait ces textes pour s’identifier à leurs états d’esprit et à leurs enseignements. Pour cela, il se donnait pour tâche de comprendre tous les termes et les expressions qu’il doit chanter, leur imprimant sa touche personnelle pour les transformer en style Guerrouabi. C’est donc cela une des clés de son génie. De plus, il se renouvelait à chaque récital. Même s’il chante le même texte, il lui donnait à chaque fois une tournure originale. Dans ses concerts, s’il répondait au vœu de chanter ses titres qui ont fait sa gloire comme, El Harez, il interprétait souvent des œuvres difficiles puisées dans le patrimoine ancien des grands chouyoukhs du melhoun.

Vous faites partie de l’école de Guerrouabi. Est-ce que vous l’imitez ou vous affirmez votre personnalité dans le genre chaâbi ?
Permettez-moi de vous dire ma règle de conduite. Je fuis l’imitation mais j’accepte la ressemblance. El Hadj Hachemi Guerouabi est inimitable et ne le sera jamais, comme El Anka. Ce dernier a révolutionné le chaâbi en introduisant en son temps des éléments inconnus dans l’orchestration comme le piano et le banjo. Guerrouabi a aussi transformé le chaâbi par l’introduction de la chansonnette. Il a été le chanteur de sa génération et comme lui, je voudrais être le chanteur chaâbi de mon temps.
 

REDOUANE MOHAMEDI

DIRECTEUR GENERAL DE L’ETABLISSEMENT ARTS ET CULTURE

«Guerrouabi a été le plus heureux

des hommes lors de son dernier concert»

El Haddj Hachemi Gerrouabi chante habituellement à guichets fermés. Il n’a jamais été aussi heureux que lors du dernier concert qu’il a donné le 4 juillet de l’année 2006 au théâtre de verdure avec près de cinq mille spectateurs. Pourquoi heureux ? Parce que les conditions n’ont jamais été aussi favorables. Les cinq mille spectateurs ont assisté aux quatre heures de concert dans un silence religieux.

M. Redouane Mohamedi directeur général de l’Etablissement arts et culture, organise, en ce moment une grande manifestation artistique au théâtre de verdure en hommage à El Hachemi Guerouabi. «Layali chaâbi» dure une semaine à partir de ce 15 juillet.

Vous avez organisé en 2005, au théâtre de verdure, un grand récital de El Hadj Hachemi Guerrouabi. Relatez-nous les conditions de ce mémorable concert.
Je pense que bien que El Haddj Hachemi Gerrouabi chante habituellement à guichets fermés, il n’a jamais été aussi heureux que lors du dernier concert qu’il a donné le 4 juillet de l’année 2006 au théâtre de verdure avec près de cinq mille spectateurs. Pourquoi heureux ? Parce que les conditions n’ont jamais été aussi favorables. Les cinq mille spectateurs ont assisté aux quatre heures de concert dans un silence religieux. Ce mémorable concert que nous avons pris soin de filmer, se place parmi nos plus grands évènements culturels.

Vous organisez en ce moment des soirées en hommage à Guerrouabi. Pouvez-vous nous en parler ?
Du 15 juillet au 22, nous organisons des soirées chaâbi en hommage au maître El Hadj Hachemi Guerrouabi. Nous avons sélectionné une pléiade de chanteurs chaaâbi, parmi eux Abdelmadjid Meskoud, Réda Doumaz, Abdelkader Chaou. Pour le jour anniversaire de son décès, nous avons programmé Sid Ali Lekkam, considéré comme le plus fidèle de son école. Nous avons fait appel pour l’accompagnement à de grands musiciens du chaâbi comme Mabrouk Hamai au qanoun.

Par : K. C.
Source : 
http://www.horizons-dz.com

Publié dans Hommage

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