5 JUILLET 1962 A TIPASA

Publié le par Alliance ANR - UDR

Les habitants se souviennent

Quarante-cinq ans après la proclamation de l’indépendance, les moudjahidine et les citoyens, témoins de la journée du 5 juillet 1962, gardent toujours en mémoire les souvenirs vivaces de la liesse de tout un peuple sorti, à travers les artères des villes, les dédales des campagnes et les méandres des montagnes pour clamer victoire et extérioriser les ressentiments enfouis 130 ans durant.

Ne faisant pas exception, Tipasa, qui dépendait de la wilaya IV, a vécu et célébré, elle aussi, l’heure de la gloire nationale.
«A vrai dire, je ne réalisais pas, aux premiers moments de l’indépendance, la réelle portée de l’évènement annonçant le commencement d’une nouvelle ère pour les damnés que nous étions. Le jour de la libération représentait, à nos yeux, un idéal dont la concrétisation exigeait de notre peuple plus de sacrifices et une patience défiant toute limite, son annonce nous a transportés dans une joie collective», commente Maâmar Bounihi, fils de chahid et ancien membre de l’ALN, chargé actuellement de la commission histoire et culture à l’ONM au niveau de la wilaya de Tipasa. Ayant rejoint le maquis en 1957 à l’age de 14 ans, il a été promu, vers la fin de la révolution, en qualité de commissaire politique à Sidi Ghilès. «Après l’annonce du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, les ordres parvenus de notre hiérarchie nous intimaient de rester dans nos bases aux maquis l’arme au pied. Cette injonction, devant assurer une mise en application des résolutions des accords d’Evian, n’a pas empêché les processions humaines qui venaient nous rendre visite en prédisant à l’unisson un avenir prospère pour notre nation», se rappelle-t-il encore.
Au fur et à mesure que le 5 juillet approchait, les maquisards redoublaient d’efforts afin d’assurer un climat serein pour la réussite du référendum d’autodétermination prévu pour le 3 juillet 1962. «En ma qualité de commissaire politique, j’ai été chargé de mener campagne auprès de mes concitoyens en faveur du oui. Cela dit, c’étaient les plus beaux moments de ma vie. Jamais je n’oublierai lorsque nous crapahutions, en tenue de combat, à travers les venelles des douars, les invitations d’hospitalité et les chaudes salutations qui fusaient des maisons.
Au demeurant, nous n’avions point besoin de mener campagne pour le oui. Car tous les habitants étaient acquis à notre cause. Donc notre mission s’apparentait plus à une communion qu’à une propagande dans un milieu déjà convaincu», se remémore Maâmar Bouhini.
«C’était indescriptible. Durant plus de dix jours, une immense liesse a gagné tous nos cœurs. En ville ou en campagne, les gens brandissaient l’emblème national et scandaient : Djazaïr hourra moustaquila (Algérie libre et indépendante). Ils formaient des marées humaines qui déferlaient de toutes les directions», conclut le maquisard.
Etant également de la fête, les enfants n’ont pas dérogé à la règle. Par essaims, ils déambulaient, sautillaient derrière leurs aînés qui étaient entièrement absorbés par le tourbillon de l’allégresse.
«J’avais neuf ans. Entraîné par mes amis, j’ai sauté, comme eux, dans une camionnette qui nous a transportés jusqu’à Cherchell. Tout le long du trajet, nous chantions dinnaha beddebouz (nous avons arraché notre libération de force). A quoi les foules composées de citoyens de tous âges et qui faisaient le trajet à pied, répondaient «vive l’Algérie indépendante ! Jusqu’à présent, ces images chargées d’émotion et de joie n’ont pas quitté mes souvenirs», confie Rabah Daoud, un diplômé universitaire de Hadjout.
Il enchaîne : «il y avait un tel climat de fraternité entre nous que mes parents n’ont éprouvé aucune inquiétude quant à mon absence prolongée, car ils savaient que j’étais avec mes frères, même si je ne les connaissais pas». 

Par : Amirouche Lebbal.

Source : http://www.horizons-dz.com

Publié dans Presse Algérienne

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