5 JUILLET 1962 - 5 JUILLET 2007

Publié le par Alliance ANR - UDR

Le chemin difficile qui mène à la paix

Après une fuite en avant qui aura duré plus de cent ans, tournant le dos aux revendications algériennes, la France cède sous les coups de boutoir d’une révolution qui a sacrifié plus de un million de ses enfants. 

Résistance et mobilisation internationale ont fini par plier les responsables français. De Gaulle, auréolé de son passé de grand leader de la Résistance, a accepté enfin l’inévitable issue : l’indépendance. Désormais, l’avenir se discute sur la table avec le principal interlocuteur qui s’est affirmé par les armes : le FLN, qui a rassemblé sous sa bannière tous les Algériens en Novembre 1954 pour le combat pour l’indépendance du pays .Car l’Algérie ne peut être la France comme l’Afrique ne peut être l’Europe. De Gaulle a fini par le comprendre.

Après le refus de reconnaître la légitimité du Gouvernement provisoire, exigeant même une reddition des combattants algériens, le général De Gaulle finit par lâcher du lest. Après son dernier voyage en Algérie, en décembre 1960, marqué par de violentes manifestations des partisans de l’Algérie française et des Algériens réclamant des négociations avec le GPRA, il se persuada qu’une «troisième force» était introuvable et que la paix était impossible sans un accord avec le FLN.
Il décide alors de renouer les contacts rompus avec le GPRA. Les historiens notent que «pour réamorcer la négociation, De Gaulle dut renoncer à exiger la remise des armes en proposant une simple trêve, et accepter le FLN comme seul interlocuteur. Il expliqua publiquement, le 11 avril 1961, que la France n’avait pas intérêt à maintenir sa domination par la force, «ni à porter à bout de bras l’existence des populations dans une Algérie devenue maîtresse d’elle-même».

Après l’échec du putsch des généraux, la première conférence officielle avec le FLN s’ouvrit le 20 mai à Evian. C’est la demande d’un statut privilégié pour les ressortissants français qui fit échouer cette première conférence en juin comme l’idée de détachement du Sahara algérien du reste du pays allait interrompre celle de Lugrin en juillet. De Gaulle envisagea toutes les hypothèses, négocier sans le FLN, ou même la partition de l’Algérie, avant de se résigner à reconnaître, le 5 septembre 1961, le caractère algérien du Sahara. 

De son côté, le nouveau président du GPRA, Ben Khedda, proposa le 24 octobre de renoncer à l’autodétermination pour négocier la proclamation de l’indépendance et la conclusion du cessez-le feu, avant de définir les rapports franco-algériens et les garanties aux Français d’Algérie.Les discussions reprirent discrètement en Suisse.

Après consultation par le GPRA des cinq historiques détenus à Aulnoy, la rencontre des Rousses (11-19 février 1962) mit au point un projet d’accord. Approuvé le 27 février par le Conseil national de la Révolution algérienne à l’unanimité moins quatre voix (celles de Boumediène, chef d’état-major de l’ALN, et de ses adjoints), il fut réexaminé et adopté par la deuxième conférence d’Evian du 7 au 18 mars 1962.

LE FLN REALISE UN DES OBJECTIFS DE  NOVEMBRE

Les Algériens sous l’égide du Gouvernement provisoire signeront avec les représentants français, le 18 mars 1962, après de longues tractations, les fameux accords d'Evian qui mettent un terme à 132 ans de présence coloniale dure et éprouvante.

Ils sont l'aboutissement de négociations entamées en mai 1961 par les représentants du gouvernement français (conduits par le ministre pour les Affaires algériennes Louis Joxe) et ceux du Gouvernement provisoire de la République algérienne (conduits par Belkacem Krim, qui deviendra ministre des Affaires étrangères du GPRA).

Entre-temps, un cessez-le-feu est décrété le 19 mars sur tout le territoire national, alors que débute un épisode sanglant des ultras qui refusent cet état de fait.
La sinistre organisation OAS se met à l’œuvre en sabordant, par une série d’attentats, les civils, enseignants, dockers, industriels. Plusieurs incendies, attentats à la bombe sont déclarés. Le 8 avril, par référendum, 90% des Français approuvent les accords. Le 3 juillet, à la suite d'un second référendum organisé le 1er juillet, les Algériens proclament l’indépendance. 

A la proclamation de l’indépendance, les Français, pris de panique pour certains ou pour créer une panne généralisée de l’économie, quittent le pays. L’Algérie est un vaste chantier à reconstruire, des douars à repeupler, des exilés qui prennent le chemin du retour à prendre en charge, des orphelins, des champs à déminer, des écoles, des usines à remettre sur les rails….

Avec ce pan de l’histoire de l’Algérie combattante, c’est un des objectifs de Novembre qui est atteint : l’ouverture de négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne une et indivisible, la création d’un climat de confiance par la libération de tous les détenus politiques, la levée de toutes les mesures d’exception et l’arrêt de toutes poursuites contre les forces combattantes, la reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l’Algérie une terre française au déni de l’histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien.
K. Daghefli.



De l’indépendance à la réconciliation

En quarante-cinq ans d’indépendance retrouvée, l’Algérie refait aujourd’hui le chemin d’un long parcours jonché de projets. Au lendemain d’une longue nuit coloniale, le pays criblé par tant d’années de souffrance et de privation s’est remis debout par la symbolique reconquête d’institutions stratégiques qui lui ont permis de dresser la feuille de route du développement. Un pari gagné dès lors que les derniers vestiges de l’occupation se sont effacés au détriment de la langue nationale retrouvée, l’éducation et la santé gratuite. Le socle d’un long processus de développement durable venait de caractériser une politique tous azimuts pour l’acquisition d’une technologie qui pointe à l’horizon, à la lisière de l’industrie industrialisante.

Ce sinueux parcours revisité par la réflexion tient d’une évaluation comparative par rapport à quatre décennies d’indépendance. Le Benchmark d’une économique non dirigée apte à des réformes structurelles a été pleinement mérité par l’audace d’une fulgurante métamorphose. Avec la cassure bipolaire dans le monde, l’Algérie a vite redressé le cap vers une féroce mondialisation. Les obstacles à mi-chemin ont été levés par la grâce d’une judicieuse réconciliation entre Algériens qui ont su déjouer le grand complot ourdi contre la stabilité du pays. A peine sortie d’un cercle vicieux du terrorisme, l’Algérie s’attela à relever le défi. 

Le retour au top niveau d’un pays leader continental s’est vite vérifié par la très louable concrétisation du programme de développement pour l’Afrique. Au pays du pétrole et du gaz, il y a aussi la dernière tenue de la conférence de l’Union Africaine, l’Algérie a été évaluée par ses pairs dans le cadre d’une bonne gouvernance. Point de rappeler ce positive check-up économique tenu pour référence dans la gestion des affaires par les pays membres de l’Union. L’Algérie vient de gagner le pari en menant à bon port ses projets de développement tant dans le domaine national que continental. Il lui reviendra donc de mener une grande bataille continentale en puisant dans une expérience qui fait déjà école dans le domaine de la bonne gouvernance. La célébration du quarante-cinquième anniversaire de l’indépendance c’est aussi celle du modèle de développement choisi par l’Algérie.
Par : Mohamed B.

Source : http://www.horizons-dz.com

Publié dans Presse Algérienne

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